Témoignages

Serge, un corrézien aux visions futuristes

Serge bonjour, dites-nous tout… qui êtes-vous ? Racontez-nous votre histoire, votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui ?

Je me souviens qu’à l’époque, l’école, ce n’était pas pour moi. Ce que je voulais, c’était travailler, être utile. Je suis donc entré dans la vie active très tôt, à l’âge de 15 ans ½ !

Mon premier travail était très artistique, à mi-chemin entre l’imprimerie et les arts graphiques. J’étais Peintre Décorateur en Lettre. Il s’agissait de peindre à la main sur différentes surfaces pour la réalisation de toute sorte de signalétique intérieure et extérieure. Je devais ainsi peindre sur du bois, sur des façades de magasins, marquer des véhicules, des camions… Je pouvais également peindre des murs en grand format. Mes réalisations étaient destinées à informer le grand public, souvent à des fins publicitaires.

De nos jours, ce métier n’existe plus car l’arrivée de l’informatique et les nouvelles techniques d’impression, tous ces anciens métiers ont été totalement révolutionnés. Sous sa forme traditionnelle, cette activité est encore exercée par des spécialistes.

Par la suite, je me suis spécialisé dans le métier de Sérigraphe. Cette technique d’imprimerie était très répandue auparavant  et elle nous permettait de reproduire plusieurs fois des caractères ou motifs sur divers supports : papier, carton, textile, métal, verre, bois… A l’origine, nous utilisions des écrans de soie en guise de pochoirs. Ces derniers s’interposaient entre l’encre et le support. J’ai exercé ce métier avec beaucoup de plaisir pendant plus de 7 ans.

En 1984, je suis entré à l’imprimerie Maugein à Tulle et j’y suis encore aujourd’hui. Dans les années 80, le métier d’imprimeur : c’était le « Moyen-Age » si on compare nos anciennes techniques à celles  d’aujourd’hui (Rires…). Par exemple, l’ordinateur n’existait pas encore en entreprise. Ce n’est qu’en 1988 que le premier ordinateur est arrivé dans nos bureaux. Je me souviens d’ailleurs du modèle, c’était une marque Apple qui se composait d’un écran et d’une grosse unité centrale. L’imprimerie Maugein était un précurseur en la matière, l’un des seuls à se lancer dans ces nouvelles technologies.  Tous nos travaux d’arts graphiques ont débuté sur ordinateur à cette époque. Nous saisissions les caractères à l’écran. Une révolution à l’époque ! Tout a énormément changé et de manière très accélérée. Nous gagnions en rapidité et qualité de l’impression, notamment grâce aux logiciels de création. J’ai d’ailleurs travaillé sur la première version de Photoshop, la version 1.0.

Aujourd’hui, je travaille comme Administrateur de Réseau et j’entretiens le site PAO de l’imprimerie. J’effectue également des travaux de graphisme.

Vous nous avez confié être appareillé. A quel moment apparaît votre déficit auditif ? Et à quel moment vous êtes-vous appareillé ?

Ce fût en mai 1980. Je fus victime d’un accident de moto. Malheureusement, le casque est parti et j’ai été plongé une semaine dans le coma. Les médecins ont tout de suite constaté, comme lésions les plus graves, un éclatement de l’oreille interne et la fracture du rocher. Je fus donc opéré à l’hôpital de Limoges et les médecins ont pu sauver mon oreille à 20 %. D’un coup, j’ai perdu l’audition et cela n’a pas été facile à accepter. De plus, en 1980, il était compliqué de se faire appareiller. J’ai dû attendre quelques années et malheureusement mon oreille (sans appareil adéquat) a souffert et je sentais que je perdais au fur et à mesure certaines sonorités.

Quand avez-vous décidé de vous faire appareiller ?

En 2009, après discussion avec mon médecin ORL de Limoges (dans le cadre de mon suivi), je lui ai fait part de mes difficultés au travail. Je ne comprenais plus les collègues, le suivi de mes dossiers se faisait de plus en plus compliqué. Ce que j’ai perdu dans un premier temps, c’est la parole, les conversations. Vu que je n’entendais pas très bien, j’avais pris l’habitude de reconstruire les phrases de mes interlocuteurs, je reprenais des mots par ci, par là. Mais bien souvent, j’étais totalement « hors sujet » et mes proches me regardaient bizarrement.

Là, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je me prenne en main et ceci ne pouvait plus durer.  Je ne pouvais plus vivre en étant déconnecté de ma famille, de mes collègues comme je le subissais chaque jour. J’ai donc décidé de m’appareiller.

Comment s’est déroulé votre appareillage ?

Avec le port d’une solution auditive, il a fallu réhabituer l’oreille ! Cela a été vraiment très progressif et a pris du temps. Le réglage de mes aides auditives avec l’audioprothésiste a d’ailleurs été une étape fondamentale pour réhabituer mon oreille à réentendre. Je n’ai pas hésité à solliciter et re-solliciter mon audioprothésiste qui a été compréhensif et très patient avec moi. Le résultat fut vraiment au-delà de mes espérances.

Qu’est-ce qui a changé pour vous ?

Lorsque j’ai porté mes aides auditives la première fois, ma première réaction fût : « Oulala » j’entends tout, j’entends ma respiration, le chant des petits oiseaux, le bruit des voitures qui s’approchent de moi, l’eau du robinet qui coule … Vraiment c’est incroyable de réentendre ces sons presque oubliés.

Aussi, quand j’enlève mes appareils, je ressens comme un vide. On ne peut pas le comprendre tant que l’on n’a pas essayé une solution auditive. Pour vraiment se rendre compte de ses bénéfices, il ne faut pas hésiter à essayer !

Et votre entourage, qu’a-t-il pensé de tout ceci ? Avez-vous ressenti des changements ?

Mon entourage ! (rires…). Je vais vous dire : quand, je me lève le matin et que je ne mets pas mes appareils, tout le monde s’énerve autour de moi car je ne comprends rien ! Ma femme et mes enfants me font signe d’aller mettre mes appareils !

Et oui, j’ai encore mes réflexes de personnes non appareillées et je ne pense pas toujours dès le saut du lit à mettre mes appareils, alors qu’ils me sont indispensables !

Aussi, lors que je me pars me balader seul, en ville ou à la campagne, mes appareils me sont indispensables ? Ne serait-ce par mesure de sécurité : pour entendre les voitures, les klaxons, les bruits environnants. Si je ne les mets pas, c’est très dur pour moi.

Au travail, c’est la même chose, par exemple si je tombe en panne de pile et que je n’en ai pas de rechange, cela devient vite complexe. Je préviens tous mes collègues avant quoique ce soit !

Vous qui avez une vision assez futuriste, comment voyez-vous l’avenir ?

Ce qui serait vraiment très intéressant, ce serait de pouvoir régler soi-même ses aides auditives directement chez soi sur son ordinateur/tablette ou téléphone portable. Mais attention ces réglages seraient effectués et transmis pour accord à l’audioprothésiste.

L’interview touche à sa fin, avez-vous un message à faire passer aux personnes qui hésitent à se faire appareiller ?

Surtout n’attendez pas ! Le cerveau devient vite paresseux et nous devons, dès que les premières gênes se font ressentir, se faire conseiller et appareiller le plus tôt possible surtout pour les personnes qui sont actives, comme moi.

Vos sons préférés :

  • Musique des Années 80
  • Chants Oiseaux

Les sons que vous détestez :

  • Chien qui aboie (surtout à la campagne il y en a partout, l’avantage c’est que je peux enlever facilement mes appareils – rires)

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