Découverte

Les personnalités célèbres souffrant de pertes auditives

Les troubles de l’audition sont vieux comme l’humanité. Les témoignages écrits les plus anciens traitant de la surdité et des déficiences auditives datent de l’Antiquité. Il suffit de se pencher sur l’Histoire et les évolutions de notre société moderne pour en être convaincu : que l’on soit inventeur, compositeur du siècle ou encore star d’Hollywood, le phénomène de perte auditive n’épargne personne.

La recrudescence des cas de perte auditive, telle qu’elle peut être constatée aujourd’hui, est une conséquence de l’industrialisation et de notre style de vie moderne : le monde est devenu trop bruyant pour notre système auditif, qui est pour le moins sensible.

Toutefois, l’Égypte ancienne, déjà, foisonnait de représentations de personnes souffrant de troubles de l’ouïe, ainsi que d’aides auditives. Le célèbre « Papyrus de Leyde » (datant de 1674 avant J.-C. environ) répertorie ainsi un certain nombre de plantes médicinales censées agir contre la surdité ou bien les douleurs auriculaires. En outre, un certain nombre d’éléments tendent à prouver que de premières formes primitives de prothèses auditives étaient déjà utilisées dans l’Antiquité.

L’exemple le plus connu est sans doute celui d’Alexandre le Grand (356-323 avant J.-C.), conquérant du plus grand empire dans l’histoire de l’Antiquité. Ayant subi une perte brutale de l’audition, il se serait alors servi d’un accessoire quelque peu voyant : c’est ainsi qu’il est souvent représenté, sur les pièces d’or, avec deux cornes de bélier fixées « à l’envers » sur sa tête, et dont les pointes semblaient se terminer dans ses oreilles. De nombreux experts y voient toutefois une forme primitive de ce que l’on a appelé plus tard le cornet acoustique, qui fut ensuite largement répandu pendant des siècles.

Concrètement : depuis toujours, un certain nombre de personnalités célèbres ont souffert de déficience auditive, et c’est encore le cas aujourd’hui : artistes, scientifiques, politiciens, toutes les catégories ont été et continuent d’être concernées. Le type de déficience auditive, ainsi que les manières d’y faire face, dans les cas individuels, sont aussi variés que l’éventail des dommages causés.

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827)

C’est une véritable ironie du sort : si Ludwig van Beethoven, avec Wolfgang Amadeus Mozart et Johann Sebastian Bach, fait partie des trois plus grands compositeurs de musique classique de tous les temps,ce génie de la musique présentait déjà des troubles de l’audition à l’âge de 28 ans. Si les troubles dont souffrait Beethoven, au début, se manifestèrent avant tout par une perte de perception des sons aigus ou une compréhension altérée de la parole, phénomènes associés à de pénibles sifflements d’oreille, une déformation des sons et une certaine hypersensibilité, tout laisse à penser qu’il a été atteint de surdité totale à la fin de sa vie.

Lors de la première de son oeuvre la plus connue, la 9ème symphonie, en 1824, il ne pouvait ainsi plus entendre ni l’orchestre, ni le tonnerre d’applaudissements du public. Aujourd’hui, nous savons que Beethoven souffrait d’otospongiose, une maladie affectant l’os entourant l’oreille interne. L’otospongiose, qui provoque un processus d’ossification, ponctué d’épisodes inflammatoires, agit de manière délétère sur la mobilité de l’étrier (le plus petit os humain). Elle a pour  conséquence d’entraîner une perte auditive, irrémédiablement progressive, et souvent accompagnée d’acouphènes. Cette diminution de ses facultés auditives a toutefois eu une influence non négligeable sur la musique du compositeur : au fil des années, il a en effet intégré de moins en moins de sons aigus à ses œuvres, étant donné qu’il avait toujours plus de difficultés à les percevoir. En remplacement, ses compositions reposaient de plus en plus sur des sons de fréquences moyennes. Il faudra attendre ses dernières œuvres pour qu’il revienne à des fréquences plus élevées – sans doute parce que, étant devenu entièrement sourd, Beethoven ne pouvait se fier, quand il composait, qu’à son « oreille interne », son univers musical, tel qu’il s’en souvenait, voire l’imaginait. Lorsque l’otospongiose est à un stade avancé, plus aucun son ne peut être transmis du conduit auditif à l’oreille interne, et les sons ne sont perceptibles que sous forme de vibrations au niveau des os du crâne. Aujourd’hui, des prothèses auditives, dites à « conduction osseuse », ont été développées spécialement pour contrer les effets de l’otospongiose, et sont intégrées aux branches de lunettes relativement épaisses. Un tel dispositif n’existait toutefois pas encore, bien évidemment, au XIXème siècle. Beethoven fut donc obligé d’inventer sa propre « prothèse » : lorsqu’il composait, afin de pouvoir encore percevoir quelques-uns des sons émis par son piano, celui-ci avait fixé à la caisse de résonance de l’instrument une baguette en bois, dont il serrait fermement l’extrémité entre les dents lorsqu’il jouait. De cette manière, la musique pouvait ainsi être transmise à son oreille interne, depuis la caisse du piano, en passant par les os du crâne.

Bill Clinton (1946 -)

C’est à l’occasion d’un bilan de santé de routine, au cours de son mandat en tant que 42ème Président des États-Unis (1993 – 2001), que William Jefferson « Bill » Clinton, alors âgé de 51 ans, a été diagnostiqué avec une déficience auditive. Cela n’a pas véritablement été une surprise, étant donné les difficultés de ce dernier, à ce moment-là, à suivre une conversation dans un environnement bruyant. Une fois ce diagnostic posé, Clinton n’a donc pas tardé à porter deux appareils auditifs numériques high-tech lors des banquets officiels, ainsi que toute autre manifestation rassemblant un grand nombre de personnes.

Bill Clinton est l’exemple typique d’un membre de la génération des baby-boomers, qui, aux États-Unis, rassemble le plus grand nombre de personnes souffrant de perte auditive. Les causes qu’il attribue lui-même à ses troubles de l’audition sont caractéristiques de cette génération : le fait d’avoir assisté, dans sa jeunesse, à un nombre élevé de concerts de rock trop bruyants, ainsi que sa participation à un groupe de musique, fondé avec ses camarades d’école.

Halle Berry (1966 –)

En 2002, Halle Maria Berry a été la première actrice afro-américaine à recevoir l’oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans « À l’ombre de la haine ». À ce moment-là, celle-ci souffrait déjà d’une perte auditive unilatérale, avec une capacité auditive ne dépassant pas les 20 % au niveau de l’oreille droite. Ces lésions auditives étaient dues à des violences conjugales, exercées par son ancien partenaire à la fi n des années 1990, sous forme de coups portés à l’oreille.

Bono Vox (1960 –)

Le leader du légendaire groupe de rock irlandais U2, de son vrai nom Paul David Hewson, souffre d’acouphènes depuis des années. À l’âge de 37 ans déjà, Bono avait fait de ces pénibles sifflements d’oreille l’objet de sa chanson intitulée « Staring at the Sun ». Voici quelques extraits des paroles de ce titre : « There’s an insect in your ear, if you scratch it won’t disappear. It’s gonna itch and burn and sting. » (« Il y a un insecte dans ton oreille, même si tu te grattes, il ne partira pas. Ça te démange, ça brûle et ça pique »).

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