Témoignages

L’homme qui valait trois milliards

En France, plus d’une personne sur 10 présente des troubles de l’audition. Pourtant, seulement 19 % des personnes déclarant présenter des troubles de l’audition sont appareillées (1).

Le port d’aides auditives suscite souvent de nombreuses interrogations. Nous avons souhaité partager avec vous les témoignages de ceux qui ont franchi le pas d’un laboratoire de correction auditive.

C’est ainsi que nous avons rencontré Georges, qui a accepté de nous consacrer un mercredi après-midi pour nous parler de son quotidien.

(1) Sources : L’état de santé de la population en France – rapport 2011 – DREES


Mais qui est Georges ?

George, 57 ans, marié, 3 enfants, a une vie bien remplie. Il adore son métier et travaille depuis 24 ans au Lycée Gaston Monnerville à Cahors en tant que Conseiller Principal d’Education (CPE).
Un travail prenant où une bonne audition est indispensable pour interagir avec les élèves.
Toujours partant pour de nouvelles expériences, Georges nous a raconté son histoire.

Franchir le pas

Je suis un amateur de bandes dessinées. Il y avait cette petite librairie autrefois rue de la Préfecture. J’aimais m’y arrêter pour feuilleter quelques BD. Et puis en face il y avait ce centre
AuditionSanté qui proposait de tester son audition. Alors un jour, j’ai franchi le pas.
C’était en 2005. J’ai rencontré un audioprothésiste qui m’a expliqué la démarche : visite chez l’ORL puis période d’essai. J’ai été très bien accompagné et je suis client depuis maintenant 9 ans. Je remercie d’ailleurs Brigitte, Stéphane et Thibaut pour leur professionnalisme et leur sympathie.

La première fois

Je me souviens très bien la première fois que j’ai porté mes appareils. C’était le soir, il faisait nuit. Je suis sorti dans la rue et j’entendais tout !
Le bruit des voitures, les passants, tout était mouvementé. J’avais l’impression d’être dans la série « l’Homme qui valait 3 milliards » !
Du jour au lendemain mon quotidien a changé, et celui de mon entourage également. Même 10 ans après, je me retrouve dans des situations où les gens parlent trop fort !

De nombreux avantages

Ces appareils ont nettement amélioré mon quotidien et mes relations avec les autres, c’est sûr. Mais pas seulement. J’ai des acouphènes depuis l’âge de 18 ans et le port d’appareils m’a
considérablement aidé. Je me souviens de l’année 1975, quand j’ai passé mon permis de conduire. A l’époque, les voitures étaient très bruyantes et si je voulais écouter la radio, je devais augmenter le volume pour couvrir le bruit du moteur. Quand j’arrêtais tout çà et que je sortais de la voiture, je me retrouvais avec des acouphènes, c’était infernal !
Les acouphènes ne disparaissent pas avec des appareils auditifs mais ils sont considérablement atténués. Les acouphènes vous enferment.
Les appareils m’ont libéré.

Mes appareils me sont indispensables. Je les porte dès le matin, jusqu’au coucher, 7 jours sur 7. C’est important qu’ils soient en bon état, fi ables, avec les petites piles prêtes au cas où. En 9 ans je
n’ai jamais eu de problème. J’ai une nouvelle paire depuis 1 an et je suis également très satisfait. Porter des aides auditives et entendre mieux me donnent confiance en moi.

De nouveaux appareils réglables

Je peux me retrouver dans des environnements très différents d’une heure à l’autre. Le lundi matin par exemple, je suis en réunion. Nous sommes 5 ou 6, et pour bien comprendre, j’augmente mes appareils.
Ensuite à midi, j’arrive au self et là je baisse immédiatement le volume. Le self est un lieu difficile pour moi. C’est incroyable le brouhaha que peuvent faire les élèves. D’ailleurs mes nouveaux appareils enregistrent le niveau sonore de l’environnement dans lequel je suis.
Les résultats montrent que je me trouve dans des zones très bruyantes un certain nombre d’heures important par semaine. Et ces heures correspondent aux moments où je suis au self ! »

Et l’aspect esthétique dans tout ça ?

Je n’ai jamais eu peur de l’aspect esthétique, j’en avais besoin, c’est tout. Peut-être parce que j’ai grandi dans un environnement avec des personnes malentendantes.
Bien sûr, j’apprécie qu’ils soient maintenant si discrets et efficaces. En général les miens, on ne les remarque pas.

La confiance en soi

Un des pièges de la surdité c’est qu’elle ne se voit pas. On ne se met pas toujours à la place de celui qui n’entend pas. En fonction des situations, on fait quelques fois répéter, quelques fois non.
Il y a des moments qui se vivent sur l’instant. Si je suis en réunion avec une dizaine de personnes et qu’un collègue fait une remarque amusante, c’est sur le moment qu’il faut rire !

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