Découverte

Le Château de Haute-Serre

La passion d’un terroir au cœur du Quercy.

Près des safranières de Laburgade et à quelques kilomètres de Lalbenque, célèbre capitale de la truffe noire Tuber Melanosporum, s’élève le château de Haute-Serre. Un lieu baigné de soleil dès les premières heures de la journée … Un sol caillouteux riche d’argiles rouges … Une exposition Sud-Ouest et Sud-Est : un terroir idéal pour la culture du Malbec. Etape ultra gourmande sur la route des vins, lieu de rendez-vous pour les œnophiles et les gastronomes, le Château de Haute-Serre est un site dédié à l’agrotourisme : bistronomie dans les chais, visites du vignoble, ateliers de dégustation, ateliers vendanges et cours de cuisine autour de séquences thématiques y sont proposés.

Pouvez-vous nous résumer en quelques mots l’histoire de la maison Vigouroux ?

Tout a commencé avec mon arrière-grand-père, Germain Vigouroux, qui a créé cette entreprise en 1887 pour faire le commerce de vin. A cette époque, il se consommait beaucoup de vin et le vignoble de cahors était très important avec plus de 80000 hectares au 19ème siècle. Pour vous donner un ordre d’idée, le vignoble de Cahors était plus important que ne l’est aujourd’hui le vignoble de Bordeaux.

Mon grand-père, Gabriel Vigouroux, a pris la suite de l’entreprise mais ce dernier est décédé rapidement. Mon père, Georges Vigouroux, s’est retrouvé très jeune à la tête d’une petite PME familiale dans le nord du lot qui avait pour vocation le commerce du vin. Sous l’impulsion de mon père, l’entreprise s’est développée au niveau national puis international.

Parallèlement à cette activité, mon père souhaitait faire renaitre le vignoble de Cahors avec des premiers crus. Dans les années 70, il n’y avait que 300/400 hectares de vignes au total d’AOC Cahors. Mon père est donc devenu producteur en rachetant le château de Hauteserre où il n’y avait plus un pied de vigne suite au Phylloxera. Cette propriété était totalement abandonnée quand mon père l’a racheté en 1971. Mon père a lancé toute la mécanique pour faire revivre Hauteserre qui était un vignoble très réputé au 19ème siècle. On a même retrouvé des menus de 1873 dans lesquels on trouve du château de Hautesserre à côté de château Margaux ou Pommard.

Votre père a donc replanté toutes les vignes du château Hautesserre ?

Mon père a replanté dans un premier temps 40 hectares et dans un second temps 20 hectares. Sur la partie viticole, la propriété fait 60 hectares. L’ensemble de la propriété fait 200 hectares avec beaucoup de bois, de petites prairies et des truffières.

Pourriez-vous vous présenter et nous dire comment vous vous intégrez dans cette entreprise familiale ?

Reprendre une entreprise familiale est un bonheur. Mes parents ont accompli un chemin colossal dans tout ce qu’ils ont entrepris. Pour ma part, j’ai vite adopté cette propriété car c’était le lieu où je voulais vivre. J’ai vécu toute mon enfance ici. Mon père a acheté cette propriété quasiment quand je suis né. Je m’y suis beaucoup attaché et c’est cela qui m’a induit la passion du métier. Je me suis passionné pour cette propriété, cela m’a mis le pied à l’étrier pour travailler dans le vin, pour devenir un expert sur un sujet qui concerne vraiment le lot, sa culture, son identité au travers de son cépage historique : Le Malbec. Nous n’avons pas planté du Malbec car ce cépage fait partie de notre histoire. Cela fait plus de 2000 ans que le Malbec pousse à Cahors. Devenir un ambassadeur du Malbec était donc un challenge qui me plaisait bien.

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur la propriété de Hauteserre ?

A l’époque, j’étais cavalier de Jumping, j’ai beaucoup monté quand j’étais gamin sur la propriété. Je connais donc la propriété dans tous ses recoins, ses précisions au niveau du terroir, ses veines de terre, ses roches calcaires qui remontent à fleur sur certains bouts de parcelles. Quand j’étais petit je campais dans le château toutes portes ouvertes les étés quand j’étais en vacances.

Si vous aviez un endroit préféré ici, ça serait lequel ?

Mon endroit préféré, c’est tout simplement les vignes. Marcher dans les vignes où je sais que l’on produit de très grands vins est une grande fierté. Nous avons de belles plantations où je connais exactement la nature du sous-sol et de l’argile qui nous permettent de faire de belles cuvées. J’apprécie marcher dans les vignes et picorer quelques raisins avant les vendanges. Cela me permet de mesurer la qualité du fruit, d’apprécier sa puissance et d’imaginer quel vin va pouvoir être élaboré avec cette matière première.

Pour vous qu’elle est la meilleure année du vin Hauteserre ?

J’ai fait une trentaine de vinifications et ce qui est certain c’est que je n’ai pas fait 30 fois la même chose. Chaque millésime est particulier, cela dépend d’un climat qui induit un certain nombre de décisions sur le parcours technique. La particularité du vignoble français est que nous avons une diversité de terroirs. Nous avons une climatologie qui n’est jamais la même. Il faut donc interpréter chaque année en fonction des éléments auxquels nous sommes confrontés.

Quel est votre millésime préféré ?

Le 2015 a vraiment été un millésime exceptionnel. La météo a vraiment joué en notre faveur. Les millésimes 2005 et 2010 sont également de très bons millésimes. Le millésime 2010 a été classé dans le top 100 aux Etats-Unis. C’est quelque chose de très important pour nous car ceux sont plus de 20 000 vins qui sont dégustés dans le monde.  Etre classé à la 40ème place (meilleure place qu’un vin de cahors ait obtenue à ce jour) a été une très grande fierté pour nous.

Pour vous, quelle place prend le vin dans notre société ?

Ce qui a de plus passionnant finalement dans le vin c’est sa dimension philosophique. C’est ce qu’il faut arriver à comprendre et à démocratiser. Le vin, c’est le sens du partage. On veut en donner à ses amis, honorer un client ou des collaborateurs pour un travail bien fait. Cet aspect est chargé de symboles car l’effort que vous mettrez dans le choix de votre bouteille sera regardé par les gens qui seront autour de vous. Cette notion philosophique de symbole, de partage, et l’envie de montrer à travers une bouteille l’estime et la reconnaissance que vous avez pour les gens à qui vous offrez une bouteille est important. Certains sociologues disent que le vin est un « lubrifiant social », il aide les gens à se synchroniser et à être bien entre eux. C’est toute la philosophie et le côté sociétal du vin qui est extrêmement puissant.

Partant de là, un vigneron doit se poser la question de ce qu’il peut faire pour que sa bouteille ait vraiment une puissance symbolique. Il faut donc se donner les moyens, pour que la qualité soit au rendez-vous. Cela passe par beaucoup d’heures de travail et d’expertise passées dans les hectares de vignes, les caves, les chais mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, il faut qu’un vignoble soit beau et esthétique.

Les notions du beau et de l’esthétique sont désormais très présents dans le monde de la viticulture. Beaucoup de chais ont été refait par des architectes. Cela n’améliore pas la qualité intrinsèque du produit mais cela améliore sa dimension symbolique et son image. Il faut donc faire du bon avec du beau. Cela passe par exemple par du design d’étiquette ou mettre le vin dans une belle bouteille en verre. Le premier contact que nous avons avec le vin passe par l’étiquette et le flacon, donc il faut soigner tous ces détails. Il faut prendre soin de la symbolique et de tout l’esthétique qui tourne autour d’une bouteille, tous les aspects doivent être pris en considération.

Le vin permet de voyager dans l’espace géographique et dans l’espace-temps. Par exemple, acheter une bouteille lorsqu’un enfant est né. On a envie de marquer cette date et d’ouvrir cette bouteille 20 ans plus tard et dire « tiens j’ai acheté ça le jour de ta naissance ». Cela fait travailler notre mémoire par le biais de marqueurs qui permettent de voyager dans votre vie.

Il y a donc toutes les dimensions dans un vin, c’est le seul aliment comestible qui puisse vous donner autant d’émotions sur un certain nombre de sujets très larges.

Monsieur Vigouroux accepte de nous faire une confidence personnelle liée à son audition

Depuis quand portez-vous des appareils auditifs ?

C’est assez récent. Je suis malentendant depuis tout petit. J’ai perdu l’audition à 100 % sur une oreille. J’ai vécu avec pendant plus de 50 ans. Cela commençait à me poser problème dans des univers bruyants puisque la seule oreille qui entend bien commençait à se fatiguer un petit peu. J’avais donc un peu perdu en puissance d’écoute.  J’ai donc décidé d’aller chez AuditionSanté.

Est-ce que c’est votre entourage qui vous a poussé à venir consulter un audioprothésiste ?

J’ai un entourage favorable à cette approche dans la mesure où j’ai mon père qui entend pas bien et qui est déjà appareillé depuis plusieurs années. Mon entourage est très compréhensif.

Est-ce que cela vous a gêné dans votre travail quotidien ?

Cela me gênait par moment dans mon travail. Par exemple dans un environnement bruyant comme un restaurant à l’étranger avec une langue qui n’est pas ma langue maternelle. Evidemment, pour bien parler, il faut bien écouter. Quand vous êtes en difficulté d’écoute c’est difficile d’être à la fois concentré et attentif, c’est extrêmement fatiguant. J’avoue que le fait d’être appareillé me remet en zone de confort.

Si vous deviez synthétiser, est ce que vos appareils auditifs vous ont changé la vie ?

Cela m’améliore beaucoup la vie ! Lors des repas j’entends maintenant les gens qui sont à ma droite. Je peux donc avoir une conversation normale avec des gens qui sont du côté où je n’entends pas. A l’époque, j’avais peur de ne pas répondre aux gens qui me parlaient et qui se trouvaient à ma droite.

Avez-vous retrouvé des sons particuliers depuis votre appareillage ?

Clairement, j’entends par exemple des sons nouveaux dans le chai de vinification. J’entends par exemple un robinet qui goutte ou le bruit des cuves. Je réentends également les petits bruits de la nature que je n’entendais plus.

Vous êtes responsables de 2 restaurants, quel plat et vin vous proposeriez à vos convives ?

Si on veut parler d’un plat typique de la région, on peut parler de l’agneau du Quercy qui est vraiment une viande exceptionnelle et d’une très grande qualité. C’est une viande qui a du gras et très riche. On peut l’associer avec un bon malbec, pas forcément très vieux, de 4/5 ans, c’est très bien.

Quel est votre son préféré ou un son qui vous donne le sourire ?

Ça serait de la grande musique. J’aime beaucoup le jazz. Après j’aime tout ce qui est beau, je ne me cantonne pas dans une catégorie. J’aime la musique classique, le rock et j’adore Mozart.

Un son que vous détestez ?

Le son que je déteste c’est d’entendre les gens crier. Je pense qu’on n’a pas besoin d’élever la voix pour se faire entendre.

Renseignements et réservation
05 65 20 80 20

hauteserre@g-vigouroux.fr
www.hauteserre.fr

You may also like